Depuis l’effondrement du dollar américain observé l’an dernier lors du « Jour de la Libération », les niveaux de couverture contre le risque de change sont devenus un indicateur particulièrement surveillé par les marchés. En avril 2025, le faible niveau de couverture des investisseurs face au risque de change avait notamment été considéré comme l’un des facteurs ayant amplifié la forte baisse du billet vert.
Aujourd’hui, plusieurs indicateurs suggèrent que les ratios de couverture du dollar sont de nouveau proches de niveaux historiquement faibles. Une situation qui pourrait rendre les investisseurs particulièrement sensibles à un éventuel retournement du marché des changes.
La décision du président américain Donald Trump de lancer une offensive militaire contre l’Iran à la fin du mois de février a provoqué une vague d’achats de dollars américains. Le contexte énergétique a notamment favorisé les États-Unis, considérés comme mieux positionnés que l’Europe et l’Asie face aux perturbations potentielles de l’approvisionnement énergétique.
Le billet vert a ensuite bénéficié d’un nouvel élan en juin, alors que les marchés anticipaient un changement à la tête de la Réserve fédérale américaine et une politique monétaire davantage axée sur la lutte contre l’inflation.
Cet regain d’optimisme autour du dollar semble également avoir influencé les investisseurs institutionnels européens. Certaines estimations indiquent que les taux de couverture de change des investissements américains détenus par les fonds européens seraient retombés à leurs niveaux les plus faibles depuis février 2025.
Les données utilisées dans le graphique ci-dessous proviennent de la banque centrale du Danemark et permettent d’observer les ratios de couverture du risque de change du secteur danois des assurances et des fonds de pension. Même si ces chiffres ne représentent qu’une partie du vaste marché européen des investisseurs institutionnels, ils ont relativement bien reflété les mouvements observés en mars et avril 2025.
À cette période, le secteur danois de l’investissement avait réduit son exposition au risque de change, avec un taux de couverture des investissements américains d’environ 63 %. Ce ratio avait ensuite rapidement progressé pour atteindre près de 74 % à la fin du mois d’avril.
À la fin du mois de juin 2026, le taux de couverture était toutefois revenu autour de 64 %, probablement sous l’effet d’une conviction croissante des investisseurs selon laquelle les différents scénarios économiques pourraient favoriser une nouvelle appréciation du dollar américain.
La baisse des ratios de couverture constitue un signal à surveiller. Si les anticipations favorables au dollar venaient à s’inverser, les investisseurs insuffisamment couverts pourraient être davantage exposés aux fluctuations du marché des changes.
Cette configuration rappelle ainsi les conditions observées avant la forte correction du billet vert en 2025 et soulève une question essentielle : la faiblesse actuelle des couvertures de change pourrait-elle amplifier un nouveau mouvement brutal du dollar ?
Les marchés des changes comportent des risques importants et les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.